Vivre avec un traducteur indépendant, mode d’emploi

Aujourd’hui, je vous propose un billet destiné à ceux qui ont croisé sur leur chemin un traducteur indépendant et qui ont décidé de vivre avec. Epoux, épouses, amoureux, amoureuses, co-signataires de PACS, c’est à vous que je m’adresse. Voici un petit guide pour mieux comprendre le mode de vie et les besoins de l’élu de votre coeur. Tout d’abord, il est important de signaler que ce billet traitera seulement du traducteur indépendant et non du traducteur salarié, car le traducteur à son compte (pigiste, comme on dit au Québec) est une espèce à part. Contrairement à son homologue salarié, l’indépendant est un loup constamment à l’affût d’une opportunité de travail, mais nous y reviendrons…

Mode de vie

Quand vous partez au travail, il est assis à son bureau devant son ordinateur. Quand vous revenez du travail, il est toujours assis devant son ordinateur. Alors que vous avez enchaîné réunions, travail et déjeuner d’affaires, votre conjoint vous donne l’impression que le temps s’est arrêté chez vous. Ce n’est pas le cas. Seulement, il faut savoir que le traducteur dispose d’une étonnante capacité à passer de nombreuses heures dans la même position. D’ailleurs, son environnement est complètement optimisé en fonction de ses besoins: clavier et souris super-ergonomiques, écran géant configuré de manière à ne pas fatiguer les yeux, fauteuil permettant de garder une bonne posture, ordinateur puissant et suréquipé… Le traducteur a su aménager sa tanière pour y passer de longues heures. Et justement comment occupe-t-il ces longues heures?

Une fois que vous avez fermé la porte, votre cher et tendre va accomplir le premier geste de sa journée de travail: faire du thé/du café (rayez la mention inutile). Ensuite, sa fidèle tasse près de lui, il s’assoit à son bureau et commence par lire ses e-mails, puis passe en revue ses abonnements RSS, ses journaux favoris, sa timeline Twitter, etc. Cela peut paraître paradoxal, mais pour quelqu’un qui sort peu de chez lui, le traducteur est souvent très bien informé de ce qui se passe à l’extérieur. Ne vous y trompez pas! Ce n’est pas parce qu’elle est capable de vous raconter heure par heure le sommet de Davos ou la négociation de la loi des finances 2011 que la prunelle de vos yeux n’a rien fait de sa journée, bien au contraire. Le traducteur est un individu multitâche capable d’écouter de la musique, de lire les mises à jour de son compte Twitter, tout en négociant son prochain contrat et en avançant dans sa traduction en cours, le tout en gardant à la main sa tasse caféinée. Une simple question d’habitude!

Un travailleur continuel, le traducteur? Heureusement, non. Il a également des loisirs et une vie sociale :)

Loisirs

Si vous ne deviez retenir qu’une chose sur ce spécimen qu’est le traducteur indépendant, c’est que c’est une personne avide de culture. Quoi de plus normal, quand on passe l’essentiel de sa journée à se documenter pour mieux traduire? Ainsi, même dans ses loisirs, le traducteur a tendance à être un geek. Qu’il pratique le volley-ball, la danse orientale, qu’il joue au backgammon ou se passionne pour le scrapbooking, le traducteur s’est documenté sur l’activité qui l’occupe. L’amateur de cuisine sera capable de vous donner la date à laquelle est sorti le premier robot Kenwood, le skieur patenté est naturellement au courant des palmarès de toutes les compétitions des cinq dernières années, et je ne vous parle même pas du cinéphile! Le pire, c’est peut-être de voir avec quelle facilité l’astre de votre vie a réussi à s’approprier ces connaissances, comme si c’était une évidence: « ben quoi, tu savais pas que le mascara c’était de la poudre d’antimoine au départ? » dira l’adepte de cosmétiques, prête à enseigner l’histoire du maquillage aux vendeuses de Sephora.

Vie sociale

Fort heureusement, le traducteur a quand même une vie sociale, ou plutôt même deux. D’abord, il y a vos proches, les amis et la famille du couple. Si ce sont des connaissances de longue date, ils sont souvent habitués aux comportements étranges du traducteur et savent qu’il est capable de raconter l’histoire de la galette des rois dans les différentes régions de France (ou du monde) à toute la famille réunie pour l’épiphanie ou qu’il est le seul à emmener un ordinateur en vacances pour faire quelques traductions quand les autres font la sieste… Si ce sont des connaissances récentes, le traducteur se montrera souvent à l’écoute des autres. Et oui, car la grande curiosité du traducteur fait qu’il a toujours l’air passionné par les gens qu’il rencontre, surtout s’ils ont un métier particulièrement technique, plein de terminologie nouvelle (ah oui, je vous l’ai dit, le traducteur est un geek). Il ira même parfois jusqu’à laisser sa carte, on ne sait jamais, la vie est une opportunité de business. Parfois, il ne peut résister à étaler sa culture. Ainsi, si vous passez une soirée entre amis, évitez les quiz et autres Trivial Pursuit! Après cinq victoires consécutives, plus personne ne veut jouer avec lui.

Mais là où le traducteur peut être pleinement lui-même, c’est quand il retrouve ses semblables. Vous aurez sûrement du mal à comprendre pourquoi votre conjoint est enchanté de se lever un samedi matin (un samedi matin!) pour assister à une conférence sur la traductologie, l’accord des participes passés en moldave ou le nouveau régime fiscal pour indépendant. Rassurez-vous, il n’est pas fou. Seulement, quand vous, vous avez passé une semaine entière avec des collègues que nous ne voudriez surtout pas croiser en plus le weekend, le traducteur, lui, n’a vu personne. Certes, il n’a pas cessé d’interagir virtuellement avec des gens. Comprenez-le, pouvoir retrouver des gens qui vivent comme lui, pour parler d’un sujet qui les intéresse tous (qui a dit qui n’intéresse qu’eux?), c’est un peu comme aller à Disneyland :) Et le plus beau, c’est de voir avec quel enthousiasme il essaiera de vous convaincre de l’importance de la dernière réforme grammaticale ou d’aller voir un film tchèque sous-titré en allemand. Votre traducteur est un passionné et un enthousiaste, n’est-ce pas ce que vous aimez chez lui?

 

Ce billet vous plait, vous en voulez plus? Dites-le dans les commentaire!

MAJ du 15/02/2011: Merci à Catherine pour la traduction de ce billet en anglais, à lire ici.

Source : http://www.mavoisinemillionnaire.com/vivre-avec-un-traducteur-independant-mode-demploi/

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